Création du « Fonds PEPT » Abdourahmane Cissé obtient le feu vert des députés

Il voulait le soutien des députés pour booster l’électrification pour tous, il l’a obtenu. Aujourd’hui, en fin d’après-midi, Abdourahmane Cissé, Ministre du Pétrole, de l’Energie et des Energies Renouvelables, a présenté avec succès, devant les députés de la Commission des affaires économiques et financières (Caef), le projet de loi ratifiant l’ordonnance n° 2018-809 du 24 octobre 2018 portant création, attributions, organisation et fonctionnement du Fonds pour le Programme Electricité Pour Tous en abrégé « Fonds PEPT ». Ce projet de loi a été adopté à l’unanimité des membres présents de la Caef.

Le Ministre, dans l’exposé des motifs, a expliqué d’entrée que le PEPT, initié par le Ministère en charge du Pétrole et de l’Energie, a été adopté en Conseil des ministres le 27 mai 2014 en vue de permettre à une frange plus importante de la population d’avoir à l’horizon 2020, un accès effectif à l’électricité à travers des modalités souples d’acquisition de leurs branchements-abonnements. Ainsi, les couches sociales à faibles revenu paieront désormais 1000 FCFA pour accéder à l’électricité, le remboursement du solde du prix du kit (branchement, abonnement et installation intérieure en cas de besoin) PEPT évalué à environ 150 000 FCFA, s’effectuera à travers les achats d’énergie de l’abonné sur une période de 10 ans. Selon Abdourahmane Cissé, les études réalisées pour la vulgarisation du PEPT ont donc révélé la nécessité d’adapter le cadre institutionnel et réglementaire, notamment par la création d’un Fonds pour le financement du Programme Electricité Pour Tous. Et l’organisation et le fonctionnement devraient être suffisamment rassurants pour attirer les financements des bailleurs de fonds, en donnant des garanties de transparence dans la gestion des financements octroyés.

Ce fonds est doté d’une enveloppe de 60 milliards FCFA. Les ressources sont constituées par les dotations et subventions de l’Etat ; d’emprunts contractés par l’Etat et affectés au fonds ; de produits des placements du fonds et les intérêts des prêts consentis ; des dons et legs et de toutes autres recettes qui pourraient lui être affectées. Plusieurs bailleurs de fonds institutionnels telles que l’Union Européenne, la Banque mondiale, la Banque africaine de développement et l’Agence française de développement ont manifesté leur intérêt pour cette initiative. Cissé s’est donc félicité de cet intérêt des parlementaires pour ce fonds. Toute chose qui, a-t-il souligné, démontre que l’électricité pour tous est partagée par l’ensemble des députés. « Pour l’Etat, personne ne doit être laissée pour compte dans l’électrification d’une zone. L’électrification a un impact positif sur le rendement des jeunes à l’école et sur les activités socio-économiques. Nous entendons électrifier à fin 2020, au moins 80% des localités de plus de 500 habitants. 

En 2025, toutes les localités du pays seront électrifiées », a justifié le ministre. Pour lui, il s’agit, avec ce fonds, de régler le cas des villages non-électrifiés. Informant au passage qu’à fin 2011, sur 8518 localités recensées, 2818 étaient électrifiées, pour un taux de couverture de 33%. De 2012 à fin septembre 2019, ce sont 2519 localités qui se sont ajoutées à celles déjà électrifiées. Soit 61% de taux de couverture à fin septembre 2019. C’est au total 6778 localités qui ont été électrifiées en sept ans. Selon le ministre, il est prévu l’électrification de 1838 localités de 2019 à 2020. « De 2014 à fin septembre 2019, 686 000 ménages ont par ailleurs bénéficié d’un raccordement au réseau électrique. Pour 2020, nous escomptons raccorder 400 000 ménages. Cela nous fera passer de 29% de taux de desserte en 2011 à 53% en 2020 », a relevé le ministre.  Avant de préciser que « tous les Ivoiriens ont droit à l’électricité ». D’où sa satisfaction après l’adoption de ce projet de loi par les députés de la Caef issus des Groupes parlementaires Rhdp, Pdci et Rassemblement.